Les photos sont accessibles en cliquant sur leur numéro au sein du texte
Dès le début du conflit, et avant même les premières atteintes, la Cathédrale ainsi que toute la Cité s'était mise à l'heure militaire : le mobilier entassé protégé rapidement de quelques couvertures est visible à l'arrière de la photo 1, qui nous montre une insolite scène de barbier militaire dans un édifice peu habitué à ces pratiques de « poilus ».
C'est en avril et mai 1917 que la nef eut le plus à souffrir des bombardements. La photo 2, une vue de la Nef et du Grand Choeur prise entre deux phases de destruction, présente la seconde travée à demi détruite, et la troisième volatilisée, laissant apparaître la charpente et son chemin de circulation. Sur le pavage, les débris de pierres jonchent le sol sur plus d'un mètre, formant des monticules sur lesquels quelques soldats ont posé pour la photo. La chaire du 18ème siècle a été retirée et mise à l'abri, seules sont visibles ses accroches sur le pilier à droite. Toutefois le Baldaquin et le Grand Choeur sont indemnes.
La photo 3 montre l'état définitif des dégradations : la seconde travée s'est maintenant effondrée entièrement, ce que révèle avec plus de force encore la photo 4 prise après la guerre : les deux travées centrales y apparaissent entièrement détruites, et la charpente en cours de rénovation. Les gravats ont été déblayés, et les arcades donnant sur les bas-côtés fermées de murs de briques pour protéger des intempéries et des chutes de pierres.
La photo 5 donne à voir la Nef en direction du Vieux Choeur : les deux travées centrales sont effectivement entièrement détruites, et la dernière travée présente une ouverture béante de très grande taille. Au premier plan, la balustrade de marbre du Grand Choeur a encore sa protection de bois du temps de guerre. Au fond de la Cathédrale, la tribune du Grand Orgue est vide : ce dernier a été entièrement démonté et déposé au Carmel de Domrémy.
Les photos 6, 7
et 8 nous renseignent sur
les travaux de reconstruction menés après la
guerre. La première montre avec précision les
atteintes de la quatrième travée de la nef, dont
l'ancien enduit à faux appareil est encore présent.
La baie Nord est étayée, tandis que la nef a été
entièrement isolée du reste de l'édifice :
la grande palissade de bois donnant sur le Vieux Choeur permet
d'y poursuivre les activités du culte en attendant la fin
des restaurations, et l'on retrouve dans les arcades latérales
les murs de briques déjà cités.
Le cliché
N°7 donne à voir les travaux de finition de la nef
et du choeur : les voûtes sont reconstruites, mais le
Baldaquin est échafaudé par consolidation, peinture
et dorure. On travaille encore à restaurer les arcades du
côté sud, et le culte se déroule à
l'arrière de la nef, en direction du Vieux Choeur, comme
en témoigne la Chaire à prêcher provisoire.
La photo N°8 fut prise lors de la pose du premier vitrail du nouvel ensemble de Jean-Jacques Gruber, sur la baie-sud de la première travée de la nef. Une palissade est dressée devant le Grand Choeur, recouverte d'une tenture portant de crucifix, et l'on retrouve les fermetures latérales de la nef, ici en palissades de bois sur murets de briquets. Un échafaudage de près de 20 m, supporte la plate-forme de travail où sont installés de gauche à droite M. Comminge (serrurier), M. Delangle (Architecte des monuments Historiques), le Chanoine Souplet (Sacriste de la Cathédrale) et M. Ludwig (Chef des travaux). On distingue le vitrail en ascension dans la partie médiane de l'échafaudage.
Dans le transept sud-ouest (photo 9) ainsi que dans le bas-côté sud (photo 10), la situation n'était guère meilleure durant les combats : la voûte défoncée du transept laisse pénétrer largement le jour, et le sol devant l'autel de la Vierge est entièrement retourné par l'explosion d'un obus de gros calibre. On distingue sur la droite du cliché le portail St Jean (12ème siècle) muré après 1755 et qui devait être dégagé lors des travaux de restauration. Dans les bas-côtés (photo 10) s'amoncellent gravats et morceaux de ferraille dans un désordre évocateur. Ces deux cartes postales connurent bien évidemment un grand succès.