La destruction du Cloître




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Construit au flanc sud de la Cathédrale, le Cloître du XIIe puis du XIVe siècle fut presque entièrement repris par Nicolas Masson de 1509 à 1517 en style gothique flamboyant du plus bel effet. Toutefois les travaux de construction du Séminaire dans les anciens bâtiments du Chapitre bordant le Cloître, à la fin du 19ème siècle, entamèrent fortement l'équilibre architectural de l'ensemble en édifiant au droit même des galeries gothiques de nouvelles pièces d'habitation sur deux étages, particulièrement disgracieuses et envahissantes. La photo 11 montre cet état incroyable du Cloître, tel qu'il se présentait avant la Guerre.

Les bombardements allemands affectèrent particulièrement cette partie de l'édifice : à la mi-juin 1916, l'une des travées avait été détruite jusqu'au niveau du sol par les explosions. C'est sans doute celle que montre la photo 12, prise dans la galerie sud en présence de nombreux soldats et d'une mitrailleuse Hotchkiss. La ville elle-même, il ne faut pas l'oublier, avait été mise en défense, et l'hypothèse d'un combat au sein de la Cité était envisagée avec le plus grand sérieux, si par malheur les Allemands parvenaient à déborder les lignes françaises.

Après trois années de guerre et de nombreux bombardements, le Cloître était en bien piètre situation : de nombreuses voûtes effondrées, la majeure partie des remplages gothiques de l'aile sud détruits, les autres très fortement endommagés, enfin les bâtiments du Séminaire éventrés en de multiples endroits. La cause, sans être désespérée, semblait vouée à des solutions radicales.

Heureusement, il n'en fut rien : possédant par bonheur de multiples relevés du 19ème siècle réalisés pour les travaux du Séminaire, les architectes chargés de la reconstruction prirent bien soin de redonner au Cloître sa splendeur première.
Après récupération patiente et ordonnée de tous les débris, y compris des clés de voûtes sculptées encore en état, on entreprit de les replacer avec précision, et de compléter les manques par des pierres neuves taillées suivant les relevés antérieurs avec les techniques les plus appropriées. La photo 13 montre assez bien une partie de la galerie sud où les remplages endommagés ont été entièrement déposés, et les arcades restaurées.

On prit également le parti de supprimer entièrement les erreurs architecturales du siècle précédent, et de revenir à l'ancienne couverture en appentis de tuiles plates au dessus des galeries du Cloître, qui lui donne encore aujourd'hui un cachet inimitable. Les photos 14 et 15 sont particulièrement évocatrices de ces travaux : la galerie ouest y est présentée dans son état à la sortie de la guerre, avec remplage manquant à l'une des arcades et bâtiments s'élevant directement au dessus des travées. Après les premiers travaux, la photo 15 montre le remplage sculpté restauré, le toit en appentis rétabli et un pan de mur endommagé du Séminaire.

Le résultat définitif obtenu en 1928, admirable au demeurant, est bien visible sur la photo 16 : les galeries est et sud sont terminées, les toits sont du plus bel effet, jusqu'au pan de mur à colombage restitué au dessus de la Chapelle du Séminaire.
La photo 17, légèrement postérieure, présente l'ensemble sous un angle plus large, et permet de découvrir le jardin divisé en quatre carreaux et pourvu d'un cheminement menant au groupe sculpté bordant la Cathédrale. La maigre pelouse actuelle paraît bien triste en comparaison...