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A l'issue du conflit, la
Cathédrale de Verdun en partie détruite devint un
monument symbole des destructions de la Première Guerre
Mondiale. Comme Notre Dame de Reims, elle suscita rapidement un
élan de générosité qui devait
permettre d'aller plus loin que la simple restauration, vers la
reconstitution archéologique. Le meilleur exemple en est
bien sûr la crypte du Grand Choeur. Construite au milieu du
XIIe siècle par l'architecte Garin (ainsi que tout le
Choeur), elle fut détruite et comblée à la
fin du 18ème siècle par le Chapitre de la
Cathédrale pour des raisons essentiellement stylistiques.
Disparue durant plus d'un siècle et demi, on connaissait
son existence mais on la supposait entièrement détruite.
La petite crypte latérale de Saint Augustin, au sud, avait
toutefois été dégagée et restaurée
en 1847.
Lorsque les travaux de reconstruction générale
débutèrent après la guerre, le Chanoine
Aimomd, qui avait consacré sa thèse à
l'histoire de la Cathédrale en 1909, fit procéder à
des sondages de 1922 à 1924 qui confirmèrent
l'existence de vestiges suffisamment importants pour que des
travaux de dégagement décidés le 9 août
1929 commencent à partir de 1930. Sous la conduite des
architectes André Ventre et Marcel Delangle, le Service
des Monuments Historiques fit d'abord entièrement vider la
crypte, puis décida de supprimer temporairement le sol du
Choeur qui la recouvrait, de manière à pouvoir la
reconstituer en lui donnant son volume d'origine.
Les
photos 22 et 23
montrent l'abside de cette crypte momentanément "à
ciel ouvert", immense trou abrité par les voûtes
gothiques indemnes du Choeur. On distingue facilement que les
départs d'arcs de voûtes de la crypte ont été
brisés net, et l'on remarque que les ouvertures ont été
conservées, ainsi que tous les chapiteaux adossés
et leurs bases, alors que manquent certaines colonnes. Les
ouvriers du XVIIIe siècle remplirent donc parfaitement
leur besogne : ils abattirent les colonnes isolées
qui supportaient les voûtes d'arêtes du XIIe siècle,
puis firent effondrer les dites voûtes dans la crypte. On
combla avec des gravats, et le sol du Choeur fut reconstruit sur
cette nouvelle assise, plus basse d'environ un mètre
cinquante qu'à l'origine.
Les photos 24
et 25 prises de l'abside
présentent la partie orientale de la crypte, qui
comportait à l'origine une galerie basse dont seul le mur
du fond orné de chapiteaux sculptés est encore
existant. De chaque côté, un arc plus haut distingue
les deux entrées latérales de la crypte. Celui du
nord (photo 25) présente
encore quelques traces de polychromie médiévale.
L'aspect le plus spectaculaire de ces clichés est
cependant dû à l'arrière plan qui laisse
deviner le transept et le baldaquin dont les colonnes torses sont
particulièrement visibles. La photo
25 indique également que durant les travaux de
reconstruction, les bas côtés avaient été
fermés par des murs de protection (ici, le collatéral
nord).
Les quatre clichés suivants (photos 26,
27, 28,
29) détaillent la
reconstruction qui suivit en 1931, et plus précisément
la réalisation de nouveaux arcs pour les voûtes,
travail entièrement "à l'ancienne", avec
gabarits et pierres de taille. La pose de nouvelles colonnes à
chapiteaux partout où elles avaient disparu s'était
faite antérieurement.
Les trois premiers clichés
concernent la partie occidentale, avec la galerie disposée
devant le mur de fond. La photo
29 montre la phase suivante et la pose des arcades de la nef
nord de la Crypte, par deux ouvriers de la maison Hory. Après
résultat, la photo 30
présente l'intérieur de la crypte dans son volume
retrouvé du XIIe siècle, avec ses voûtes. ses
colonnes et ses chapiteaux neufs. Le sol n'est pas encore achevé,
et les chapiteaux eux-mêmes ne seront décorés
sur place par le sculpteur Le Bourgeois qu'en 1935. Cette photo
montre donc un état architectural abouti, mais qui fut
ensuite repris dans le détail. Un projet de restitution de
peinture de la crypte d'après les vestiges de polychromie
ne fut pas retenu, pas plus que celui désirant laisser les
chapiteaux libres de toute sculpture, dans un style "rhénan"
en accord avec l'histoire de l'édifice.
Pour
terminer, une vue du choeur à la fin des travaux (photo
31) nous le montre en 1935 avant la pose du dallage,
certainement dans une séance d'essai de placement des
Stalles de bois du XVIIIe
siècle. Lorsque celles-ci avaient été
retirées durant la guerre, la qualité des ouvrages
romans qu'elles masquaient impliqua une nouvelle disposition, qui
laisse visible une partie des décors anciens. Un compromis
fut trouvé pour l'abside dont les boiseries s'ouvrent par
un panneau découvrant le trône épiscopal du
XIIe siècle (retrouvé en 1935), que l'on distingue
d'ailleurs au centre du cliché, avant sa restauration
semble-t-il. Sur la partie droite est également visible
une niche en feu de la même époque.
Dédiée
à la Vierge de Verdun, la crypte retrouvée de la
Cathédrale fut bénie le 10 novembre 1935.